La Guinée a fêté ce 2 octobre le 50ème anniversaire de son
indépendance. La Guinée avait été le seul pays francophone d’Afrique
subsaharienne à refuser de faire partie de la Communauté française
regroupant toutes les anciennes colonies de la France, communauté
 |
| Le président guinéen Lansana Conté (Archives) |
proposée par le général de Gaulle. Le 28 septembre 1958, Ahmed Sékou
Touré, alors leader du Parti démocratique guinéen (PDG) avait dit Non à
ce projet. Des milliers de personnes, y compris les leaders de six pays
de la sous-région, ont assisté aux festivités du cinquantième
anniversaire de l’indépendance guinéenne, notamment un grand défilé
militaire à Conakry, la capitale. Le président guinéen Lansana Conté,
souffrant, était absent des ceremonies.. Dans un discours a la nation
mercredi soir, le chef de l’Etat guinéen avait fait l’éloge des hommes
et des femmes dont les efforts ont permis à la Guinée de décider de son
propre destin. M. Conté a promis de promouvoir le dialogue pour
résoudre les problèmes du pays.Le 28 septembre 1958 la Guinée avait été le seul pays à avoir refusé de
faire partie de la Communauté française proposée par le Général de Gaulle, et
regroupant toutes les colonies de la France. Ce « non » historique
appuyé par le le Parti  |
| Des manifestants dans la rue à Conakry lors de la grève générale de janvier 2007 |
démocratique guinéen (PDG) dirigé alors par Ahmed Sékou
Touré, a permis à la République de Guinée d’accéder à l’indépendance et de
devenir un symbole de liberté pour toute l’Afrique. Aujourd’hui, tous les
experts sont d’accord : la Guinée, cinquante ans après son indépendance, est
plongée dans un marasme économique.
« Le non de la Guinée l’a placée dans une position historique
idéale en Afrique, dans la mesure où on dit toujours que c’est la Guinée qui a
été la première colonie française à contester le régime colonial
français », explique Me Alpha Oumar Sy Savané, professeur de relations
internationales et auteur du livre L’Indépendance de la Guinée fait tache
d’huile en Afrique, dont la publication est prévue le 15 octobre.
Le
président Ahmed Sékou Touré a déclaré que la liberté dans la pauvreté était
préférable à la richesse dans la servitude. « Et comme annoncé, la Guinée
a pris le chemin de son indépendance dans la pauvreté, au pauvreté, au fil des
ans, qui s’est muée, hélas, en une misère noire », souligne de son côté
Boubacar Yacine Diallo, ancien ministre guinéen et auteur de
« Guinée : 50 ans d’indépendance » à paraître chez l’Harmattan.