Le tout nouveau commandement
américain pour l’Afrique est devenu opérationnel mercredi. Basé, pour le
moment, à Stuttgart en Allemagne, AFRICOM assume désormais toutes les activités
en Afrique qui relevaient autrefois des commandements Europe, Moyen Orient et
Asie.
Le commandement Afrique a pour chef
le Général noir américain William Ward,
 |
Le général William Ward, commandant d'AFRICOM
|
dont l’adjoint pour les activités
militaires est le vice-amiral Robert Moeller. Une première pour les
commandements militaires américains: le général Ward a également un adjoint
pour les activités civiles, l’ancien ambassadeur américain au Ghana et au
Burundi, Mary Yates.
L’aire d’activité d’AFRICOM couvre
toute l’Afrique, à l’exception de l’Egypte. Sa mission primordiale, déclare le
vice-amiral Moeller, est de promouvoir la stabilité et la sécurité sur le
continent. Le nouveau commandement doit également aider les armées africaines à
faire face aux conflits et désastres naturels, notamment par le biais de la
formation de soldats de maintien de la paix. L’objectif final est la promotion
de la bonne gouvernance.
Le Congrès américain a approuvé un
budget de 266 millions de dollars pour l’AFRICOM, soit 123 millions de dollars
de moins que les fonds requis par l’administration Bush pour sa première année
d’existence. Motif invoqué par la commission budgétaire de la chambre des
représentants: l’AFRICOM n’a pas encore de présence effective en Afrique. Les
autorités américaines comptent garder son quartier général à Stuttgart en
Allemagne tant qu’elles n’auront pas trouvé un pays d’accueil pour son siège en
Afrique.
Le nouveau commandement ne fait pas
l’unanimité sur le continent. Ses adversaires en Afrique laissent entendre que
Washington cherche surtout à garantir son accès aux ressources du continent et
à intensifier la lutte contre le terrorisme international en renforçant les
régimes qui lui sont favorables. L’ex-commandant de l’armée éthiopienne, le
général Tsadkan Gebretensae, estime que l’écrasante majorité des Africains sont
contre l’élargissement de la présence militaire américaine sur leur continent.
Il note que Washington a déjà une base à Djibouti, dans la Corne de l’Afrique,
et que même les pays partageant les préoccupations sécuritaires de Washington
restent sceptiques à l’egard de cette initiative.
Washington assure que les
Etats-Unis n’ont pas l’intention d’établir de nouvelles bases en Afrique ;
une politique réaffirmée par le président Bush lors de sa tournée sur le
continent début février. Le commandement Afrique veut aider les Etats africains
à assurer eux même la sécurité dans leurs eaux territoriales, sur leur propre
territoire et d’un bout à l’autre du continent, déclare Theresa Whelan, chargée
des affaires africaines au Pentagone. LAFRICOM aidera également les autorités
civiles africaines à mettre en place des initiatives de lutte contre la
pauvreté, ajoute-t-elle. Madame Whelan reconnaît que l’AFRICOM protègera les
intérêts des Etats-Unis, mais pas au mépris de ceux de l’Afrique.